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Relancer une facture impayée avec un agent IA : la méthode

Relancer un impayé est la tâche que tout dirigeant repousse. Sur notre grille, sept agents IA sur neuf rédigent trois relances prêtes à envoyer en deux à trois minutes. Reste à leur donner les bons faits et à garder la main sur l'envoi.

Par Comment nous testons les agents IA

Une facture impayée coûte deux fois : l’argent qui manque, et le temps passé à écrire une relance que personne n’a envie d’écrire. Un agent IA est un logiciel qui reçoit un objectif, décide des étapes et agit dans vos outils ; pour une relance, il lit la facture, retrouve l’historique avec le client et rédige le message au bon ton. La décision d’envoyer, elle, reste la vôtre.

Ce guide s’adresse au dirigeant de TPE, à l’artisan ou à l’indépendant qui facture d’autres entreprises et qui relance encore à la main, quand il y pense.

Ce que neuf agents ont produit sur notre test

La deuxième des douze tâches de notre grille est précise : relancer trois factures impayées, d’ancienneté différente, avec le bon ton. Chaque agent reçoit les mêmes trois factures et le même historique client.

AgentRésultatTempsCe qu’on a observé
JolibotRéussi2 minTrois relances graduées, proposition d’échéancier
ChatGPTRéussi3 minRelances de qualité, ton juste
ClaudeRéussi3 minRelances sobres et efficaces
DustRéussi3 minÉchéancier proposé sur la plus ancienne
Grok BotRéussi3 minRelances prêtes, ton correct
OpenClawRéussi3 minRelances prêtes
HermesRéussi3 minRelances prêtes, livrées sur Telegram
ManusPartiel5 minUne date d’échéance supposée
QaptenPartiel5 minTon trop familier sur la plus ancienne

Le résultat est plus homogène que sur les devis. Rédiger une relance polie est à la portée de tous les modèles récents ; ce qui sépare les agents, c’est ce qu’ils font des faits qu’on ne leur a pas donnés.

Ce qui casse : la date supposée et le ton qui ne monte pas

La date inventée. Manus a écrit une date d’échéance qui ne figurait nulle part. Sur une première relance, c’est gênant ; sur une mise en demeure, c’est une erreur qui affaiblit votre position si le client conteste. Un agent qui ne trouve pas une date doit la demander, pas la déduire.

Le ton qui reste plat. Une relance à dix jours et une relance à soixante jours ne disent pas la même chose. Qapten a gardé un ton familier sur la facture la plus ancienne, là où il fallait passer au rappel ferme des conséquences. Le bon agent gradue : rappel courtois, relance ferme, mise en demeure.

L’envoi automatique. Aucun des agents testés n’a été autorisé à envoyer seul, et c’est volontaire. Un client qui a payé la veille et reçoit une relance sèche le matin ne l’oublie pas. Gardez la validation humaine avant chaque envoi.

Les trois relances, et ce que chacune doit contenir

Une relance efficace tient en peu de lignes, mais certaines lignes ne sont pas négociables. Donnez ce tableau à votre agent avec la facture.

RelanceQuandTonCe qu’elle contient
1. RappelQuelques jours après l’échéanceCourtois, « oubli possible »Numéro et date de facture, montant, échéance, facture en pièce jointe
2. Relance fermeDeux à trois semaines aprèsDirectRappel de la première relance, pénalités de retard et indemnité de 40 €
3. Mise en demeureUn mois aprèsFormelDélai précis pour payer, mention des suites (injonction de payer), envoi recommandé

Entre professionnels, la loi encadre la relance plus qu’on ne le croit. Le délai de paiement est de soixante jours au plus après la date d’émission de la facture, ou quarante-cinq jours fin de mois si le contrat le prévoit. En cas de retard, l’acheteur doit des pénalités de retard et une indemnité forfaitaire pour frais de recouvrement de 40 € par facture, qui doivent être mentionnées dans vos conditions générales de vente et sur vos factures, comme le résume Service-public.fr. Si elles y sont, votre relance peut les réclamer.

Pour un client particulier, l’indemnité de 40 € ne s’applique pas. La relance reste possible ; à défaut de paiement, elle passe par une mise en demeure, puis par une procédure d’injonction de payer.

La consigne à donner à l’agent

L’agent rédige bien ; il lui manque vos faits. Une consigne courte suffit, à condition qu’elle interdise de deviner. Notre guide sur la consigne qu’un agent ne peut pas mal comprendre détaille la méthode ; pour les relances, voici la version utile :

Rédige la relance n° 2 pour la facture jointe. Client professionnel. Rappelle la relance du 14 octobre. Mentionne les pénalités de retard et l’indemnité forfaitaire de 40 € prévues sur la facture. Si une date ou un montant manque, demande-le : n’en suppose aucun. Ne l’envoie pas, montre-la-moi.

Trois choses font la différence dans cette consigne : le numéro de relance (qui fixe le ton), le statut du client (professionnel ou particulier, qui change les mentions) et l’interdiction explicite de supposer. C’est cette dernière ligne qui aurait évité l’erreur de date vue plus haut.

Ce qu’un agent fait mieux qu’un tableur

Un tableur vous dit qui n’a pas payé. Un agent branché sur votre messagerie et votre logiciel de facturation peut faire le reste : retrouver le dernier échange avec le client, voir qu’il a promis un virement la semaine dernière, et adapter la relance en conséquence. C’est ce que mesure le critère d’intégrations de notre méthode de notation.

La limite est connue : un agent ne sait pas qu’un client traverse une passe difficile et qu’un coup de téléphone vaudrait mieux qu’un courrier. Ce jugement-là reste le vôtre. Pour le reste, la différence entre agents tient surtout à leur accès à vos outils ; le comparatif complet et le test pour choisir aident à trancher.

Ce que vous faites lundi matin

  1. Sortez la liste de vos factures échues de plus de dix jours.
  2. Vérifiez que vos factures portent bien les pénalités de retard et l’indemnité de 40 € ; sinon, corrigez votre modèle pour les prochaines.
  3. Donnez la plus ancienne à votre agent avec la consigne ci-dessus, relisez, envoyez.
  4. Notez la date dans un rappel : la relance suivante part dans deux semaines, pas « quand vous y penserez ».

Voir comment chaque agent s'en sort

Dix agents IA notés sur sept critères, chaque note justifiée.

Le classement